jeudi 18 mars 2010

Chefferie et décentralisation, proposition d'un article à lire

Pour votre plaisir intellectuel, Voici un article très intéressant écrit par un diplomate français sur la chefferie traditionnelle au Ghana, qui est encore très présente et influente malgré une déviation historique de son rôle traditionnel, et les institutions décentralisées du gouvernement ghanéen. Ces deux acteurs entrent en compétition dans l'exercice du pouvoir créant une dynamique particulière où le pouvoir traditionnel, formellement amoindri, reste toujours plus populaire. Les chefferies dans les autres pays africains que j'ai visités ne sont pas aussi bien représentées ou mises en valeur, et pourtant le Ghana affiche des indices de "modernité" un peu plus élevés. Tradition et modernité se retrouvent dès lors intégrés dans une dynamique politique aux fondements contradictoires, mais en même temps, on sait bien que la contradiction est un phénomène universel, surtout dans la sphère du politique! http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=AFCO_221_0055

mercredi 17 mars 2010

Des frontières coloniales

Un commentaire à propos d'un sujet dont vous avez peut-être déjà entendu parler : les frontières en Afrique. Depuis la période des indépendances, maints petits et grands conflits en Afrique ont lieu dans les zones frontalières où se jouxtent les pays du continent de nos premiers ancêtres. La nature même de ces actions belliqueuses trouve parfois ses sources dans la façon dont ces frontières ont été tracées. Au temps de la colonisation, après les échecs de la conférence de Berlin en 1884-1885 où les puissances européennes tentaient de s'entendre sur les règles de partage de l'Afrique, les frontières de l'Afrique actuelle commencent à se dessiner. Évidemment, au nom de la civilisation occidentale, conformément à la pensée colonialiste, les intérêts des populations indigènes ne furent pas pris en compte dans ce tracé. Des centaines de grandes zones culturelles, d'empires et de royaumes africains furent coupés en deux ou plusieurs parties. La politique anglaise de diviser pour régner fut largement appliquée, plus ou moins consciemment, et pas seulement par les Britanniques. En fait, il s’agissait davantage d'une division économique des territoires en fonction du rapport de force des puissances de l'époque. Il en ressort que maintes frontières en Afrique ont divisé des peuples au point où ceux-ci se trouvent répartis en différentes zones géopolitiques. Les Gourmantchés de Fada N'Gourma, là où je travaillais lors de mon dernier mandat au Burkina Faso, sont majoritairement basés autour de ladite ville. Mais ils sont aussi présents depuis plusieurs siècles au Ghana, au Togo, au Bénin et au Niger. Je les ai vus moi-même au cours de ma récente tournée dans la Northern Region, et j'ai posé maintes questions à leurs vieux sages. Au Ghana, ils ont pris le nom de Bimobas, mais ils parlent pratiquement le même langage et partagent la même culture lorsque vient le temps de célébrer funérailles, engagements ou mariages. Dans la recherche terrain que j’ai réalisée tout récemment, qui consistait en une étude de besoins et de capacités sur les ONG et associations membres de Pamoja, j’ai suivi un itinéraire longeant le Nord de la frontière togolaise et plusieurs points de la frontière burkinabée. J’ai constaté que ces frontières divisaient systématiquement les peuples frontaliers. Parmi les peuples du Ghana, les Ewe sont aussi au Togo, les Dagaras, les Mossis, les Gurunsis, les Gourmantchés sont aussi (et surtout) au Burkina. Mais là où je crois que le bat blesse, c’est que d’autres groupes ethniques se sont trouvés au centre de la division politique appliquée par les puissances coloniales, et en ont dès lors bénéficié plus que les autres. Par exemple, le groupe ethnique Akan (dont font partie les Ashantis) au Ghana, majoritaire parce que moins découpé par les frontières, semble connaître des avantages certains en matière de développement et en termes de pouvoir politique. Le même phénomène peut être aperçu au Burkina Faso dans le cas des Mossis, et au Mali dans le cas des Bambaras. Ce casse-tête producteur d’inégalités peut servir de terreau fertile pour la mauvaise graine. Dans ces trois pays où j’ai eu la chance de prendre le temps de saisir quelques éléments majeurs de la situation culturelle-politique, les ethnies minoritaires entretiennent parfois un discours revendicateur et aigri à l’encontre de l’ethnie majoritaire, sans toutefois déborder en conflit armés importants, ces pays se caractérisant par une certaine stabilité politique. Des dirigeants, armés de discours tribalistes peuvent puiser dans un tel héritage laissé par les Européens des raisons dont la légitimité peut être défendue facilement lorsqu’elles sont exposées à des populations ethniquement défavorisées. De fortes émancipations des groupes ethniques minoritaires, des politiques nationales intégratrices décentralisées, des idéaux nationalistes peuvent toutefois diminuer les chances d’apparition de « guerres tribales ». Ce qui est sûr, bien des Africains ont appris à leurs dépends les malheurs de ces guerres entre groupes culturels qui parfois cachent des fondements économiques encore plus importants, et dont trop personnes innocentes ont connu les atrocités. Au Burkina, on m’a dit maintes fois que même s’il y avait telle ou telle injustice de dimension ethnique, cela ne devait pas justifier une rébellion armée, que l’on ne doit pas tomber dans le situation qui déchire certains pays voisins. Parfois, on me dit même « qu’il faut faire pardon ». Les Burkinabés sont très fiers de la stabilité politique de leur pays, même si l’état de leur démocratie et la manière dont leur président est arrivé au pouvoir il y a plus de vingt ans de cela sont très contestables. Les politiques de décentralisation, influencées par la Banque mondiale, ont permis de mieux répartir l’action du gouvernement dans l’ensemble du pays. Toutefois, je ne suis pas surpris de savoir qu’actuellement, les conflits au Ghana se situent dans le Nord où le niveau de développement est vraiment bas en comparaison de celui du Sud. Dans le Nord, l’électricité et les systèmes réticulaires d’eau potable se font rares, les maisons en banco sont encore légion, les routes sont presque toutes en terre, les familles sont très nombreuses, beaucoup d’enfants ont des ventres enflés, et j’en passe, alors que dans le Sud le portrait est différent. Plusieurs facteurs expliquent ces écarts de développement, le placement des capitales, la proximité de la mer, le climat, la richesse du sous-sol, les tendances culturelles, mais ce qui est sûr, c’est que cette division frontalière ethniquement injuste ne favorise pas la bonne entente en Afrique. Le développement d’un réel esprit patriote (dans la mesure où l’on considère la patrie dans les limites politiques des frontières actuelles), panafricain ou humaniste est essentiel afin d’éviter des affrontements ethniques. Or, l’Afrique en est encore à ses débuts en matière d’aventures nationalistes, et plusieurs Africains se sentent plus proche de leur ethnie que de leur pays, surtout lorsqu’on sort des villes. Dans bien des cas, l’identité se définit plus par affinité culturelle que par son affirmation nationale. La Nation représente pour plusieurs beaucoup plus l’espace politique où l’on vient se disputer les bénéfices du pouvoir, dont font partie les revenus de la coopération intergouvernementale ou multinationale, ou des taxes de l’exploitation des ressources naturelles, dans une ambiance de bonne entente quand c’est possible. D’autres éléments rassembleurs sont présents. Un d’entre eux est sans doute l’équipe de football qui permet aux adorateurs du sport de crier haut et fort leur appartenance à leur nation. Peu importe leur appartenance ethnique, les supporteurs d'une équipe de foot se rangeront derrière leur équipe nationale sans hésitation lorsque vient de le temps de la Coupe d'Afrique des Nations (remarquez tout de suite la référence au nationalisme), ou la Coupe du Monde. Les langues des ethnies majoritaires ont aussi un réel effet intégrateur, et ce malgré l’aspect la dimension dominatrice inhérente à ce phénomène. Par exemple, un Gourounsi (ethnie de ma belle-mère) de Bolgatanga, ville au Nord du Ghana, préférera apprendre le Twi (langue du groupe Akan du Ghana) et aller travailler à Kumasi et Accra, plutôt que d’aller à Ouagadougou qui est pourtant plus proche, où il aurait plus de chances de trouver des frères gourounsis, car ces derniers sont plus nombreux au Burkina Faso. Cela s’explique en partie par le fait surtout que le Twi s’est tranquillement imposé dans leur ville notamment par la présence de l’Administration où plusieurs fonctionnaires du groupe Akan montrent le Twi comme la langue des dirigeants en plus de parler anglais. Il faut dire qu’à Accra, la capitale, ou Kumasi, la seconde ville, la langue de communication principale est le Twi, et que l’exode rural à des fins purement économiques est encore très présent comme j’ai pu le constater en parlant à maints Ghanéens venant du Nord du pays jusqu’à Accra ou Kumasi. Notre Gurunsi aura donc plusieurs bonnes raisons d’apprendre le Twi. Il reste qu’à Accra et Kumasi, les migrants du Nord ont tendance à se rassembler dans des ghettos. Phénomène intéressant, le quartier d’Asawase à Kumasi, constitué de groupes ethniques du Nord du pays : Gurunsis, Bimobas, Talins, Walés, Dagbanis, Gonjas, à forte majorité musulmane, est le plus pauvre de la ville, et a vu le Haoussa, venant du Nigéria et du Niger, s’imposer comme langue d’échange en plus du Twi. Donc, notre Gurunsi, s’il migre vers Asawase, et s’il veut avoir tous les atouts de la communication à ses côtés, il doit connaître, en plus de sa ou ses langues natales, le twi, l’haoussa et l’anglais. Cette dimension polyglotte typique de l’Afrique n’est pas si surprenante vu le nombre impressionnant de langues toujours vivantes dans chaque pays. J’aborderai une autre fois le problème du placement des capitales africaines qui lui aussi est assez particulier car évidemment celles-ci ont été mises en places par des Européens et ont participé largement à définir les zones stratégiques économiques des pays Africains. Les divisions frontalières ne sont toujours pas claires dans le vieux continent. Par exemple, la frontière Burkina-Niger, au niveau de la route Ouagadougou-Niamey, se caractérise par une zone tampon, un no man’s land de 20 kilomètres de large, et dont les prétentions territoriales des pays ont empêché la définition exacte. Donc, après avoir traversé les postes frontaliers Burkinabés (police, douane et gendarmerie), il faut parcourir cette distance avant d’apercevoir les postes nigériens. Du côté de la frontière Burkina-Bénin, on voit encore la même chose car de petits conflits armés sont survenus à plusieurs reprises dans les dernières décennies. Et dans le cas de la frontière Burkina-Mali, une petite guerre a même été menée dans les années 80 à cause de prétentions frontalières. Ce genre de phénomène, à petite et parfois à grande échelle, est généralisé en Afrique. Par exemple, le cas de la République Démocratique du Congo (RDC), que je ne connais pas suffisamment bien, peut inspirer la rédaction de plusieurs livres tellement ses conflits frontaliers ont été nombreux et sanglants. Tout récemment, le Ghana a découvert un important gisement de pétrole au large d’une mince bande de terre qui lui appartient, mais qui, lorsqu’on l’observe sur une carte géographique, s’enfonce au sein de la côte ivoirienne. Le fait que cette zone côtière soit surtout peuplée de Fantis ne changera absolument rien au fait que la Côte d’Ivoire vient d’annoncer qu’elle revendique la propriété de l’or noir qui se trouve au large des côtes ghanéennes frontalières. Je ne serais pas surpris de savoir que les réserves souterraines se situent aussi dans les eaux territoriales de la Côte d’Ivoire. J’espère seulement que les parties trouveront une solution pacifique ou que la Côte d’Ivoire ne rende pas cette affaire conflictuelle comme ce fut le cas pour de l’île de Bakassi qui causa des altercations entre le Nigéria et du Cameroun depuis le temps des indépendances. Les réserves pétrolières récemment découvertes sont évaluées à 1,8 milliards de barils, c’est-à-dire suffisantes pour exciter l’appétit du gouvernement voisin.

mardi 9 mars 2010

Les changements climatiques au Ghana

Mon homologue, Millicent Akoto, coordonnatrice de Pamoja Ghana, me disait avec malheur et nostalgie qu'auparavant, au Ghana, il y avait une saison, quand elle avait à peine dix ans, où il fallait mettre un chandail car il faisait bien frais. Hélas, aujourd'hui cette époque est révolue. Il fait trop chaud tout l'année... Je viens de commencer hier à faire de la bourbouille, des centaines de mini points de chaleurs rouges poussent sur mon épiderme, et ça pique!

Femmes à barbe...

Voici un trait culturel intéressant du Ghana. Plusieurs femmes ghanéennes, dans la trentaine et en allant au-delà, se laissent pousser la barbe. J’ai questionné quelques connaissances pour connaître les fondements de cette particularité de la gente féminine ghanéenne et personne n’a pu me répondre jusqu’à maintenant. Il ne s’agit par ailleurs jamais d’une grande barbe touffue, mais plutôt de quelques grands poils frisés pendant au menton ou au cou… Personnellement, je ne trouve pas cela du tout charmant, mais ça me rappelle une fois de plus que tous les goûts sont dans la nature! Les deux dernières semaines de février j’étais en mission exploratoire sur le terrain, surtout dans le Nord du Ghana, pour rencontrer les organisations membres de Pamoja-Ghana, l’organisme pour lequel je travaille. J’ai donc beaucoup de choses à raconter à ce propos, mais j’attends d’avoir terminé mon analyse de données avant de vous en donner quelques nouvelles! (j’ai la photo d’une femme à barbe, qui est reine-mère d’un des quartiers d’Accra, mais je n’ose pas l’envoyer…… je ne suis pas sûr qu’elle serait d’accord avec la chose, désolé!)

mercredi 3 mars 2010

Le jardin des merveilles de Mampong

Le week-end du 13 et 14 février, Christelle, Rosalie et moi avons été invités par Alison, amie de Destin, qui voulait ouvrir un orphelinat au Ghana. Elle a changé d’idée voyant que la région du Sud Ghana ne présente pas autant de besoins urgents que la zone de la steppe arbustive et du Sahel (Nord du Ghana, Burkina Faso, Mali, etc.), la nature étant plus généreuse dans les zones tropicales. Destin, elle et moi en sommes par ailleurs venu au point que le concept d’orphelinat en Afrique, surtout en zone rurale où le tissu social familial est toujours très fort, n’avait pas sa place car les enfants ont toujours un oncle ou une tante, proche ou loin, chez qui aboutir. Le problème reste cependant que ces enfants ne jouissent rarement des mêmes privilèges que ceux qui sont accordés aux enfants directs du tonton ou de la tanti en question. L’alternative possible devient alors le refuge diurne où les enfants des familles les plus défavorisées reçoivent des repas équilibrés et une éducation spécialisée. Mais encore faut-il faire attention que le gestionnaire du projet ne plogue pas tous les enfants de sa propre famille élargie comme ce fut le cas dans l’orphelinat d’Alison au Burkina Faso, mais aussi dans l’orphelinat de Fada qui avait fermé ses portes en 2007, suite à des accusées fondées de pédophilie. Bref, Alison semble avoir laissé de côté son idée d’orphelinat à Mampong au Ghana où elle avait pourtant d’intéressants contacts. C’est justement chez ces intéressants contacts qu’elle nous a invités. La fille métisse d’un riche comptable hollandais et d’une ghanéenne, décédés l’an passé, fait partie du conseil d’administration de l’organisation d’Alison, et lui a gentiment prêté la maison familiale pour sa mission. Cette dernière ayant été abandonnée après quelques pourparlers avec les gens de liés à l’action sociale de Mampong, Alison se trouva avec plus de temps libre et nous invita dans ce palace digne des songes tropicaux les plus fous. Une somptueuse maison bien entretenue, sur le dessus d’une colline dans la jungle, à l’extrémité du village de Mampong, à quelques dizaines de kilomètres d’Accra dans les montagnes d’Akwapim. Mais surtout, autour de la maison, un terrain-jardin gigantesque, savamment planifié et patiemment travaillé, où poussent mille et une plantes tropicales. Des arbres titanesques complètement recouverts de plantes parasites, des espèces tropicales que l’on retrouve chez nous mais cette fois-ci en taille réelle, (c’est-à-dire plus grandes que moi), ainsi que fleurs rares aux parfums subtils. En empruntant un chemin de montagne tout à fait simple et anodin, rocailleux et en mauvais état, on arrive dans la propriété richissime où se trouvent plusieurs étangs piscicoles, la plus grande piscine ronde que j’ai vue, maints petits lieux de médiation en pierre taillée disséminés sur le terrain, des arbres que je n’avais jamais vus, des cactus plus grands que jamais, des arbres fruitiers à profusion, et j’en passe. Dès notre arrivée, Rosalie, Christelle et moi furent instantanément charmés et apaisés des âpretés de la vie. Je me croyais momentanément au jardin d’Alamut car nos sens furent stimulés à l'extrême et nous connurent l’extase devant l’explosion végétale de la nature dans toute sa splendeur. J'ai joint quelques photos pour vous donner un aperçu de la merveille, tout en sachant qu'elles ne traduiront jamais qu'en partie sa beauté. Christelle Rosalie entre deux magnifiques fleurs-soeurs Alison faisant la salutation au soleil dans le jardin Fleur unique de l'arbre de la mort, sous lequel repose le couple fondateur du domaine. Fleur Black-cat.... grande, majestueuse, noire.... absolument incroyable Fleur pendante de plus d'un pied de long....

vendredi 12 février 2010

Circuler à moto est un réel enfer à cause du trafic, de la chaleur, de la poussière, et de la circulation des trotros et taxis. Toutefois, l'exercice peut aussi être vu comme une activité fort ludique, surtout si on décide de s'imaginer être dans un jeu vidéo. Les voitures, majoritaires, respectent un certain ordre, bah pas parfait, mais y'a personne de parfait de toutes façons! Je respecte leurs conducteurs car ils sont quand même assez patients face au trafic qui est omniprésent. Les plus gros problèmes sont les taxis, ça c'est universel, donc nous ne sommes pas surpris ici, et les "Trotros", ces minivans complètement transformées en mini-bus. Les taxis klaxonnent en moyenne une fois aux dix secondes dans le centre-ville car ils veulent attirer l'attention des passants, et cela est particulièrement vrai lorsqu'ils me voient marcher sur le bord de la chaussée, portefeuille blanc à pattes. Les trotros eux, cherchent à être le plus efficients possibles, car le prix de la course est très bas, entre 20 et 60 cedis (15 et 45 cents). Le trotro, boîte de sardines géante ou s'entasse jusqu'à 18 passagers, va et vient du centre vers le coté de la route en louvoyant comme un chauffeur ivre, cherchant à engloutir les passagers sur la route ou les déglutir le plus rapidement possible. Cependant, les chauffeurs de trotros sont des pros et ne sont pas ivres du tout, mais ils n'ont pas temps à perdre. J'ai remarqué que si les motocyclettes dépassaient allègrement tous les véhicules dans le trafic en filant sur les lignes blanches, ils ne dépassaient jamais par l'extrème droite, et se tenaient plus tranquille lorsqu'ils y avaient beaucoup de trotros. Je reviens d'un 4 heures de conduite dans le centre d'Accra à faire des courses pour ma mission de la semaine prochaine et je dois dire que ça m'a bien plu. Vendredi après-midi c'est congé dans bien des bureaux et tout le monde a l'air joyeux, plusieurs m'ont par ailleurs salué ou souri gratuitement comme ça sur la rue, peut-être un peu surpris de voir un blanc-bec se faufiler dans le trafic avec sa moto bleue comme un spermatozoïde nain en quête de l'ovule face à ses compétiteurs de tailles réelle! Plus c'est petit, mieux ça passe, mais quand un gros arrive tasse-toi!

jeudi 11 février 2010

Transes protestantes

C'est vers 1h30 du matin à Accra, pas trop loin du Arts Center, en sortant avec Destin Jah Bushman d'un joyeux et très joli bar de rasta encastré dans la falaise sur le bord de la mer, l'endroit évidemment enrobé d'une fumée verte appropriée, que je vis une chose tout à fait hors de l'ordinaire. Plusieurs milliers de fidèles protestants, débordant d'une église manifestement trop petite pour la cérémonie qui se déroulait sous nos yeux, entourée d'écrans géants montrant les pasteurs au centre de la scène, vivaient une danse/transe profonde. L'atmosphère rappelant d'une manière les "raves" de chez nous, des colonnes de sons crachaient des prières amplifiées avec un maximum de distorsion et de réverbération de telle manière qu'on ne puisse rien y saisir d'intelligible. Des croyants par milliers tremblaient aux vibrations tonitruantes d'un rythme très rapide rappelant le style "gabber" européen. Certains levaient leurs bras machinalement, d'autres faisaient trembler leur partenaires, tout un chacun avait sa propre figure d'expression, mais toujours carrément hors de l'ordinaire, et laissez-moi vous dire que j'en ai vu de toutes les couleurs. Le cadre qui s'offrait à mes yeux ne pouvait se situer dans une Afrique traditionnelle mais me faisait plutôt à un film de science-fiction africaine. Tous les gens y étaient habillés bien chics et des voitures luxueuses se plaçaient à l'entrée. J'ai eu peur à un certain moment quand plusieurs ont remarqué ma présence car, évidemment j'étais le seul blanc dans cette multitude, et je sentait que les la foule n'avait plus tout à fait son esprit et que tout pouvait arriver. Heureusement, après ce qui m'a paru une heure sans pause, le "son" a été arrêté, et un pasteur est venu lancer des messages d'amour et de paix à tous. Les adorateurs ont crié leur joie de vivre, et j'ai pu ensuite poser des questions à mon voisins pour savoir qu'est ce qu'il se passait. Parait-il que tous les week-end, des gens de toutes appartenances protestantes viennent ici toute la nuit pour y vivre la transe profonde émanant d'une foi manifeste et très vivante. Destin m'attendait patiemment, lui aussi profondément troublé par cette scène, mais ne désirant pas du tout y assister.

vendredi 5 février 2010

Salutations, Tout se passe bien ici. Rosalie est là. Christelle sa cousine est aussi avec nous et nous formons une petite famille tranquille. Rosalie a commencé ses cours d'anglais cette semaine, cours qu'elle semble vraiment apprécier, tandis que Christelle, qui est malheureusement analphabète, commencera des cours privés que je lui ai offerts dès la semaine prochaine. Difficile pour une fille de 15 ans qui ne parle ni anglais ni la langue locale (le Twi, prononcer tchoui, clin d'œil à Tchae) de suivre des cours d'alphabétisation en anglais. Mais la petite, qui a vécu jusqu'à 10 ans à Abidjan en Côte-d'Ivoire, et ses dernières 5 années au Burkina, parle déjà 4 langues (Français, Mooré, Gurunsi de Réo, Gurunsi de Léo, les deux dernières étant supposément très différentes) donc ça devrait lui faciliter la tâche (en fait je ne sais pas, étant un peu nul sur le sujet des processus d'apprentissage, peut-être que ça va embrouiller son cerveau encore plus?). Elle ne connait pas trop son père. Sa mère, parce que son nouveau mari n'aime pas Christelle, l'a envoyée chez ma belle-mère. Claire, ma belle-mère l'a envoyée chez nous pour nous aider à tenir la maison comme le veut la coutume. Plus précisément, on envoie généralement une jeune fille de la famille appuyer les jeunes couples qui n'ont pas encore d'enfants ou dont les enfants sont encore très jeunes. Elle est maintenant chez nous à Accra. Elle nous donne une sacré coup de main pour le ménage et j'en suis très content. Elle m'a dit qu'elle aimerait apprendre à faire la coiffure, et j'ai donc commencé également à lui chercher un lieu où elle pourrait apprendre (et mettre en pratique ses apprentissage d'anglais, et apprendre peut-être le Twi en même temps......... car la coiffure est un art plutôt populaire pour les femmes qui ne sont pas allées trop loin à l'école). Christelle, comme Rosalie, a l'esprit ouvert, et a mangé avec joie ma soupe de nouilles et poisson à l'orientale, le confit de Canard que mes parents avaient rapporté de France, mes steaks de T-Bone barbecue à la sauce poivrée. Ça me soulage! Par ailleurs, ma soupe je l'ai faite avec un immense poisson, très joli, de 5 kilos acheté au havre de pêcheurs d'Accra samedi passé. Personne ne peut me dire son nom en anglais, mais en Twi c'est du G'Ban. Sa chair, au goût succulent, est rouge foncée et est très ferme. Son goût est prononcé mais pas du tout envahissant. La femme qui me l'a vendue, épouse du pêcheur qui l'a pêché le jour même, m'a dit que ce poisson était très rare et que sa chair était comme celle de la viande de boeuf, j'ai bien hâte de le tester en barbecue ce week-end car le poisson, long comme mon bras, a été divisé en six portions! Il y a entre autres mon ami Destin Jah Bushman, rastaman chanteur de reggae, qui est arrivé de Ouaga mardi matin avec une enseignante à la retraite originaire de Montréal. Ils sont restés deux jours chez nous. Elle partait aujourd'hui à Koforidua pour tâter le terrain afin d'y monter seule un projet d'orphelinat. Elle avait démarré un tel projet au Burkina depuis deux ans, avec une volonté sincère d'aider les enfants de la ville de Gaoua au Sud-Ouest, mais son œuvre a échoué, fondamentalement mal planifiée. Le directeur de l'orphelinat s'est révélé être un détourneur de fonds maladif, agressif, se promenant constamment avec un fouet dans l'orphelinat. Elle n'avait pas mis sur place de structure associative pour contrôler le projet. Elle n'a pas pu donc le licencier et a simplement coupé les fonds, et les enfants se sont dispersés (ou sont rentrés dans leur famille car l'orphelinat en Afrique ne ne correspond pas au même concept auquel nous sommes habitués, il accueille surtout les enfants des familles très démunies). Je commence à avoir une certaine expérience en matière de conception de projets et je le lui ai prodigué maints bons conseils et je lui ai proposé d'aller la rejoindre à Koforidua le Week-end prochain. Elle a bien apprécié et m'a fortement convié à venir l'appuyer. Destin Jah Bushman restera jusqu'à lundi ou il reprendra le car pour Ouaga, nous passerons le week-end ensemble, je pense l'amener à un bar reggae qui, paraît-il, est vraiment animé sur le bord de la plage a coté du Arts center de Accra. Destin, qui pratique aussi le commerce de l'artisanat burkinabè, est venu vendre un lot de statues de bronze et un lot de statues d'ébène; ses objets sont réellement jolis et il a bien conclu ses ventes si j'ai bien compris. Cette semaine je donnais un cours de conception de sites web avec le système de gestion de contenu web Joomla à un des employés de Pamoja. Richard, l'élève en question, est très sympathique et apprend très vite, ce qui me rend heureux car je sens que j'accomplis vraiment ma mission. Il y a toutefois un fait très intéressant le concernant : Richard est juif. Interrogeant plusieurs connaissances, je me rend compte qu'il y un réel mouvement juif naissant au Ghana. Moi qui croyais qu'il fallait sortir du ventre d'une juive pour faire partie de la gang! Je lui ai quand même posé une kyrielle de questions et son judaïsme qui me parait fortement trafiqué (mais je ne m'y connais pas bien en la matière) est très tolérant et élastique et surtout beaucoup plus inclusif. Richard me dit que sa communauté juive ghanéenne est en lien avec un mouvement israélien dont j'ai oublié le nom. Il m'a rassuré quand il m'a dit qu'il ne croyait pas les juifs doivent conquérir la terre promise sur toute sa grandeur afin de provoquer l'arrivée du messie et réaliser ainsi la prophétie ultime. Je l'ai surpris avec des pages de la kabbale, et il m'a avoué que l'aspect antique du judaïsme et sa dimension fondatrice des "peuples du livre" l'ont hautement mystifié. Si tout se passe bien, je partirai en mission dans une dizaine de jours, et ce pour deux semaines, dans sept des dix régions du Ghana, aller rencontrer les membres les plus importants de Pamoja afin de connaître leurs besoins en matière de formation pour leurs employés. Ce voyage a aussi pour but de ramasser une foule d'informations sur les organisations en question pour monter une base de données sur les membres de Pamoja. J'y sonderai aussi leurs intérêts et besoins pour un éventuel projet de création de centres d'apprentissage de métiers à des filles et des jeunes femmes analphabètes. Pamoja, le "réseau" avec lequel je travaille est spécialisé dans les méthodes d'apprentissage innovantes pour les analphabètes, alors que WUSC, l'ONG canadienne qui m'a envoyé au Ghana, se spécialise au Ghana dans tout ce qui touche à l'éducation des filles. Ce projet pourrait donc, par ma seule présence, renforcer leur partenariat, du moins c'est ce que je vise! Je dois rentrer à la maison car le soleil commence à descendre sérieusement et je n'aime pas rouler dans le trafic la nuit! Dji

lundi 25 janvier 2010

Mon opinion chavire.... les pêcheurs revisited!

Revenant d’un week-end rêvé dans un petit village de pêcheurs dans la région centrale du Ghana, le village d’Otuam, mon avis sur les pêcheurs se doit d’être revu. Chanceux, toujours naviguant un peu au hasard au guidon de ma moto, recherchant l’aventure au tournant des routes latéritiques des collines du Ghana, laissant de la place à l’imprévu et à l’inattendu qui sont toujours au rendez-vous en Afrique, je suis tombé sur une sympathique et accueillante communauté de pêcheurs à quelques 80 km d’Accra. J’ai pu longuement discuter avec eux et parfaire mes connaissances des communautés riveraines. De jeunes garçons et filles m’ont guidé à travers leur village, me présentant les habitants qui se sont tous montrés accueillants. J’ai même découvert que 8 jeunes canadiennes faisaient un échange interculturel de trois mois dans le village, et qu’elles étaient particulièrement heureuses de leur sort, malgré qu’elles soient obligées de vivre dans des familles ghanéennes et adopter leurs mode de vie. Deux d’entre elles m’ont dit qu’elles n’aimaient pas trop le poisson et qu’elles rêvaient de bouffe canadienne. Quant à moi, je me suis mangé une excellente sole meunière ainsi qu’un barracuda grillé, long poisson filiforme aux arêtes bleues et à la chair ferme, accompagné d’une sauce locale bien pimentée comme il se doit, car au Ghana le piment est roi. Ce type d’échange interculturel a particulière aidé à paver le terrain à ma venue; en tant que canadien, je fus choyé. Le village d’Otuam n’a pas été attaqué par le tourisme encore, la magnifique auberge où je suis resté est encore très jeune et très peu connue. En fait, le tourisme n’a pas encore gâté la mentalité de ses habitants et l’échange culturel a plutôt participé à donner une autre vision du « blanc », une vision autre qu’une banque ambulante. Certes, j’ai rencontré quelques gens qui m’ont demandé de l’argent comme ce fut le cas dans les autres villages de pêcheurs. Toutefois, d’autres m’ont posé plusieurs questions sur mon pays et notre façon de vivre. Certains m’ont offert d’aller avec eux en haute mer tandis que d’autres se sont baignés avec moi.

Je leur ai même donné un coup de main pour faire sortir leurs lourds bateaux de l’eau. Ma méconnaissance de leur technique m’a valu quelques railleries. Un vieux est venu me dire de ne pas utiliser la force mais l’intelligence, commentaire que j’ai accueilli avec humilité. En fait, au son d’un chanteur qui entonne une simple mélodie ponctuée de temps forts pour marquer la cadence, les hommes forcent modérément, mais en arquant leur corps et usant de leur masse corporelle, pour tirer peu à peu, à l’aide de deux planches et un rondin placées en dessous du bateau, celui-ci sur la plage. Tirer à l’abri des marées une telle embarcation de bois dur massif peut prendre plus d’une demi-heure.

Encore une fois, j’ai pu remarquer que leurs prises ne sont pas du tout intéressantes, trop de petits poissons sont pris dans les filets. En fait, les pêcheurs ont dû resserrer leurs mailles ces dernières années car la faune marine est fortement réduite dûe à la surpêche, ce qui à long terme est évidemment néfaste car petit poisson n’a plus le temps de devenir grand. Un pêcheur au Ghana ne gagne environ que 200$ par année avec quelques avantages (petits poissons pour nourrir la famille et habits de travail), et ce pour un labeur réellement éprouvant et dangereux.

J’ai pu apercevoir un peu avant minuit les lumières de plusieurs dizaines de bateaux de pêche étrangers au large de la côte. Ceux-ci respectaient une équidistance manifeste, ils s’entendent sûrement sur leurs lopins de mers à exploiter. Ces bateaux seraient pour la plupart détenus par des asiatiques, surtout des Chinois, Japonais et Coréens. Plusieurs sont des trawlers, qui se déplacent lentement en raclant le fond de la mer avec leurs filets. Au dire de George, gérant de l’auberge du Beach Resort où je logeais, plusieurs d’entre ne sont qu’ici pour pêcher du « Lobster », ce qu’on devrait normalement croire être du homard, mais qui désigne plutôt en anglais local la « scampie ». Les asiatiques payent des prix exorbitants pour ces « grosses crevettes ». Le malheur, c’est que ces bateaux ne raclent pas seulement des scampies, mais aussi toutes les autres espèces qui passent par leurs filets spéciaux. Selon George, ces autres poissons périraient dans le processus et seraient ensuite jetés au large. Une destruction systématique et un gaspillage éhonté des ressources marines. Qui plus est, j’ai vu un de ces trawlers, passant avec un phare très puissant braqué dans l’eau pour attirer les crustacés très recherchés, passer à moins de 500 m de la côte avec son filet destructeur sortant derrière lui. Outrepassant la loi qui oblige les bateaux étrangers à respecter les zones de pêches des pêcheurs locaux, que les autorités ghanéennes ont par ailleurs bien de la difficulté à faire respecter vu les moyens limités de leur garde côtière, il nous est passé sous le nez. Les pêcheurs l’ont bien vu car le bateau en question ne passait pas du tout inaperçu, avec une réelle batterie de lumières blanches de bord, une série de lumières multicolores sur son mat, et surtout son phare surpuissant qui a balayé de façon insolente le village à plusieurs reprises. Le lendemain les pêcheurs étaient carrément outrés car, de surcroit, les trawlers déchirent leurs filets de nylon sur leur passage, ruinant du coup le fruit de leur labeur. Parait-il qu’ils ont appelé les autorités pour signaler la présence de ces criminels internationaux. Je l’espère.

Lire l’article suivant qui décrit avec acuité l’horreur en question.

http://www.modernghana.com/news/256805/1/two-trawlers-grabbed-for-illegally-fishing-inghana.html

Et voici un extrait de ce lien…

“In competition with one another as well as with local fishermen, foreign trawlers exploit government loopholes to increase their catches, sometimes resorting to illegal pair trawling – dragging one large net between two vessels and completely sweeping the seabed – or flying flags of convenience, where the nationality of the owner is different from the country of registration, to save on fees and taxes.”

mercredi 20 janvier 2010

Plaidoyer pour vous faire venir au Ghana!

Je voulais vous inviter tout un chacun à venir me rendre visite, et pour ce j'ai lancé ma campagne de persuasion car le Ghana est un très beau pays, et j'aimerais partager avec vous les coins trop fantastiques que j'y ai trouvé : Ada Foah, petit coin très relax sur une île de pêcheurs là où le grand fleuve Volta se jette dans l'Atlantique... Imaginez-vous prisonniers pour une journée entre deux types de plages, une hyper agitée, et l'autre très calme!!! Au programme : Mini cabanes en rafia, biere fraiche, poisson grillé et soirée de percussions!! Toute la côte ghanéenne est faite de plages et de villages de pêcheurs traditionnels. L'eau est quasiment trop chaude, (mais quand même rafraichissante vu le climat!!!) On pourrait même aller à la pêche au barracuda dans le lac Volta ou sur la mer aller à la pêche à l'espadon!!! Ce week-end, j'e suis arrivé en pleine jungle, un peu par hasard, suite à une aventure en moto dans les montagnes près d'Accra. J'ai rencontré un jeune chasseur de singes et d'antilopes à six heure et demie du matin dans la jungle qui m'a guidé dans les montagnes à la végétation compacte. J'étais entouré d'arbres de plus cinquante mètres de haut et nous sommes arrivés dans une plantation de bananiers, de cacao et de palmier à huile (toujours en pleine jungle) ou un vieux monsieur procédait à l'extraction du vin de palme qu'il a gentiment versé dans une tasse pour notre plaisir! Le village dans lequel je suis arrivé la veille s'est révélé être le village des tambours par excellence. J'ai donc fait un bon jam avec des villageois tout en buvant une excellente eau de vie de vin de palme distillé (apetéshie!!!). Le chasseur, fort sympathique, m'a donné une peau d'antilope en guise d'amitié. Il m'invite à repartir le voir pour toute une nuit de chasse dans la jungle des montagnes. Il dit que l'animal le plus dangereux est sans conteste la femelle phacochère qui peur charger si on la surprend avec ses enfants, mais qu'autrement c'est très sécuritaire la jungle en nuit............. surtout ne pas confondre les chants d'oiseaux omniprésents et très variés aux sonorités enchanteresses avec des monstres imaginaires! Le Kakum National Park est lui aussi tout une aventure. Il y a une section du parc ou des ponts de cordes sont attachés à une hauteur de vingt mètre dans les arbres et ce sur une distance de plusieurs centaines de mètres. On peut aussi passer la nuit dans une cabane à 20 m de haut dans un arbre de soixante mètre de haut en plein milieu d'un jungle ancienne. Les Ghanéens sont très sympathiques. Partout où nous allons, on nous souhaite la bienvenue et il y a moins de quêteux qu'a Montréal. Certains d'entre eux sont parfois trop excités quand ils voient un blanc, mais ne sont jamais méchants. A partir d'Accra, bien des destinations peuvent se faire à moto, qui ne coute que 800$ neuve et qui peut être revendue après à moitié prix assez facilement (ou à bien meilleur prix aussi, si vous me la laissez pour que je la vende a votre place car ça laissera le temps de faire un peu de pub). Il vous faut seulement un permis international de conduite de véhicule de promenade, et ça ne coute que 15$ à la CAA (demander qu'ils vous étampent la section conduite de moto, et ils y écriront que c'est limité aux petites motos, mais cela s'arrange par la suite au Ghana) On peut même aller au Togo, à 150 km d'Accra en longeant la mer. Ils offrent des visas temporaires pour 25$ à la frontière. Bref ici, c'est un petit paradis tropical car il fait chaud, il y a la verdure partout, il y a la mer, on peut s'en sortir avec la bouffe locale..... (beaucoup de riz ou de tubercules, mais aussi beaucoup de poulet de poisson,) et des gens fort gentils, qui n'ont pas été gâtés par le tourisme, qui ont su garder une réelle authenticité et une grande chaleur humaine (malgré les pêcheurs qui m'ont eu l'air un peu rabougris!). Je viens tout juste me faire un excellent repas composé d'un steak de T-bone poivré au charbon de bois (acheté 1,50$), une montagne de champignons sautés au beurre à l'ail (du genre pleurottes (achetées 25 cents) vraiment trop succulents et une salade de laitue, tomate et concombres (trempés dans de l'eau avec eau de javel pour tout désinfecter au cas où!!!), et un verre de vin de table rouge espagnol (3$ la bouteille!). J'ai terminé le tout avec une demi-mangue gigantesque donnée par la coordonnatrice de mon organisme partenaire, elle en a tellement qu'elles pourrissent sur son terrain. Par ailleurs les fruits tropicaux sont ici fort abondants et trop délicieux, en fait ils n'ont rien à voir ceux qu'on importe chez nous : papayes, ananas, mangues, jacquier, tangerines, bananes, noix de coco fraichement cueillies et ouvertes devant nous, et plus. Vous voyez le topo! J'ai pour vous ici, chez moi, une chambre avec clim et ventilo avec un lit double et une toilette privée, dans un quartier très calme. Les billets d'avion pour la Ghana sont par ailleurs beaucoup moins onéreux que pour d'autres pays d'Afrique de l'Ouest. Il ne reste plus qu'à faire vos vaccins (le seul qui est obligatoire est celui de la fièvre jaune) et vos visas! Au plaisir de vous voir bientôt!